Lorsqu’on entre dans la salle de boxe du Galaxy Gym d’Epinal, notre regard est forcément attiré par le ring et plus précisément vers cet homme. Les yeux se posent alors sur sa prothèse à la jambe droite. A le voir boxer avec les valides, on prend un premier uppercut. Avant de se dire, quelle force de caractère. On veut donc en savoir plus sur son parcours. « J’ai eu un accident de la route en 2003. J’étais à scooter contre une voiture. J’étais alors étudiant. Après avoir tenté de récupérer ma jambe pendant cinq jours, les médecins n’avaient pas d’autre choix que de m’amputer. Quand je me suis réveillé, je me suis tout de suite dit ‘’OK. Tout va bien, arrêtez de pleurer pour moi !’’ » pose Abel Aber.

Terminé donc le football, le hip-hop. La liste n’est pas exhaustive. Cette vie d’avant qui devait le mener à une carrière de militaire. Plutôt que de tomber dans la déprime, Abel Aber veut se reconstruire. Avec le sport comme thérapie. « J’ai eu trois années vraiment difficiles », se souvient celui qui a désormais 32 ans. Ses potes l’invitent donc à pousser les portes de la salle de boxe. « Je n’en avais jamais fait avant. J’avais besoin de me canaliser. J’ai fait aussi de la muscu’» Abel Aber a même participé à trois stages en Thaïlande.


De belles rencontres

Le pays par excellence pour la boxe thaï. Le premier en 2010 et le plus récent en 2016, pendant un mois à chaque fois. « Quand tu rentres, tu es une vraie machine de guerre » admet le gaillard. La boxe anglaise, avec le club de Dombasle en étant l’élève de René Cordier, lui a permis de valider une licence d’anglaise. Il est même champion Alsace-Lorraine ‘’novice’’ et a fait des combats en ‘’élite’’ pour environ une dizaine de combats. « Cette année, il n’y aura pas de compétition. La boxe ne remplit pas le frigo. Il y a des priorités. Je cherche des partenaires mais ça demande beaucoup de concessions. Pour autant, j’ai besoin de mes deux ou trois entraînements hebdomadaires. C’est mon exutoire. La boxe enseigne également de belles valeurs. Jean-François Wust répète tout le temps que ‘’ l’adversaire est celui qui te fait progresser’’. Il a raison. »

Avec le Galaxy Gym, « j’ai pu entrevoir un avenir dans l’animation. Jeff m’a remis le pied à l’étrier en me proposant de tenter l’expérience. J’avais arrêté l’école avant le bac, je me suis retrouvé élève et j’ai pu valider mon bac et même un bac + 2. Désormais, je suis agent administratif au centre de gestion de la fonction publique territoriale », savoure Abel Aber.

Cette montée sur un ring est due à une belle rencontre. Celle de Claude Serry qui était directeur de l’entreprise Protéor, société française dont le siège est à Dijon, spécialiste du handicap et de l’orthopédie.

© Vosge Matin

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